C’est Le Diable Qui Tient Les Fils Qui Nous Remuent

C’est Le Diable Qui Tient Les Fils Qui Nous Remuent

“Le Beau est toujours bizarre”

Le parcours associé à l’étude intégrale des Fleurs du Mal s’intitule

« Alchimie poétique : la boue et l’or ».

Il faudra donc nous interroger sur l’idée d’Alchimie qui suppose une transformation, une transmutation. Ici c’est le célèbre vers de Baudelaire :


« Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or »
qui servira de fil conducteur à notre étude.


Ô vous, soyez témoins que j’ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
Automobile j’ai de chaque chose extrait la quintessence,


Tu chiliad’every bit donné ta boue et j’en ai fait de l’or.


Charles Baudelaire,

Ébauche d’united nations épilogue pour la deuxième édition desFleurs du Mal


(1861)

SOMMAIRE

I. LE CONTEXTE SOCIO-POLITIQUE

Le XIX° siècle voit se succéder de nombreux régimes politiques.

Baudelaire nait sous la

Restauration

(1815-1830) c’est à dire le retour d’un monarchie (parlementaire) par Louis Eighteen après la chute de Napoléon oneer.(Et surtout après la Révolution de 1789)

Suivra la

Monarchie de Juille
t (1830-1848) plus libéral que la Restauration, Louis-Philippe est appelé roi des Français et non plus roi de France.

Caricature du roi Louis Philippe

Napoléon Three

En

1848

des émeutes mettent à bas le Monarchie de Juillet qui sera remplacée par la

II° République
(1848-1852).

C’est le neveu de Napoléon Ier ,

Louis Napoléon

qui devient Président par une élection au suffrage universel. Mais par le

coup d’État du 2 décembre

1851 il s’octroie tous les pouvoirs et en

1852
, proclame le

Second empire

qui durera jusqu’en 1870

Ce

Second Empire

qui durera 18 ans est une période de
profonds changements économiques et sociaux.
Depuis la révolution industrielle (1830) la
suburbia
est en pleine expansion. Elle
impose ses valeurs morales et ses modes de vie.

Même si
Baudelaire
n’a pas l’appointment politique de Victor Hugo qui le paiera par un exil de eighteen ans son opposition à celui qu’il appelle
Napoléon le petit,

sa poésie est néanmoins
nourrie de son époque, de ses changements et de sa « boue ».

Au
XIX°, fifty’industrialisation engendrée par la
Révolution industrielle
(1830) va provoquer un fort exode rural : beaucoup viennent s’installer dans les grandes villes et notamment Paris. Les conditions de vie dans certains quartiers sont insalubres.

Louis Napoléon Bonaparte va confier au baron Haussmann la charge de moderniser la ville*
.

Baudelaire écrit dans le poème


Le Cygne

« Le vieux Paris northward’est plus ».


Et pour lui


« Il y a dans tout changement quelque chose d’infâme et d’agréable à la fois, quelque chose de l’infidélité et du déménagement. »

La ville est pour lui un thème dominant.

Le pouvoir du

Second Empire
(Napoléon III) veut faire régner un
“ordre moral”. De ce fait
la censure est active. Baudelaire va être poursuivi en justice et united nations procès aura lieu pour condamner cette œuvre dont certains

poèmes sont considérés comme

“offense à la morale religieuse”


et


“offense à la morale publique et aux bonnes mœurs »
,

ce sont

les pièces condamnées

qui devront être retirées du recueil :
Les Bijoux, le Léthé, A celle qui est trop gai,


Lesbos, Femmes damnées, Les Métamorphoses du vampire.



Baudelaire sera condamné à 300francs d’amende.
La même année, la publication du Madame Bovary de Flaubert, aboutit également à united nations procès cascade immoralité :

50es réalistes sont accusés de vouloir démoraliser la population en montrant la misère.


En
1861,

parait une

nouvelle édition des

Fleurs du Mal

que fifty’auteur a
enrichie
de plusieurs poèmes. Mais

Il faudra attendre 1949 pour que l’interdiction des « pièces condamnées » soit levée !





Les Fleurs du Mal


sont publiées en

1857.
Cette œuvre va choquer la morale bourgeoise. La critique
du


Figaro


est assassine : le

v juillet 1857,

Gustave Bourdin écrit



«
L’odieux y coudoie l’ignoble; le repoussant southward’y allie à l’infect »

.



Le
12 juillet, united nations nouvel article duFigaro
:

« Toutes ces horreurs de charnier étalées à froid, ces abîmes d’immondices fouillés à deux mains et les manches retroussées, devaient moisir dans un tiroir maudit. Mais on croyait au génie de M. Baudelaire, il fallait exposer fifty’idole longtemps cachée à la vénération des fidèles. Et voilà, qu’au 1000 jour l’aigle s’est transformé en mouche, l’idole est pourrie et les adorateurs fuient en se bouchant le nez »

Édition de 1857 des Fleurs du mal de Charles Baudelaire, corrigée par 50’auteur.


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Two. LE CONTEXTE LITTERAIRE & ARTISTIQUE

Le

mouvement

romantique
,* né dans les dernières décennies du 18° dans les pays nordiques (Angleterre, Allemagne…),

poursuit son chemin jusque vers le milieu du XIX°.

Le mouvement s’est construit autour du

refus des contraintes
de l’âge classique

(17°), de ses règles trop strictes, d’où 50’admiration que les romantiques auront pour le théâtre de Shakespeare.



« Le young man, c’est le laid »

affirme déjà le jeune Hugo. L’artiste est invité à ne suivre que son inspiration, à « déniaiser » l’alexandrin …

En France, la poésie d’Hugo, de Vigny, de Lamartine … laisse une identify considérable
au

« je »
lyrique
,

ce qui n’empêche pas ces artistes d’être très
eastwardngagés politiquement.

50’épopée napoléonienne (Napoléon ier), au lendemain de la Révolution de 1789, a montré que des hommes partis de rien pouvaient connaitre united nations destin extraordinaire.
Le romantisme exalte les thèmes du destin, de la mélancolie, de l’imaginaire, du fantastique, de la mort, du satanique, de fifty’occulte, du rapport de l’homme au temps
L’objectif de la poésie romantique est

d’exprimer tous les états d’ âme
d’une conscience saisie par le vertige du temps


Face aux changements, le « moi » southward’analyse et la poésie exprime à la fois désarroi et consolation. Et

parler de soi, pour les romantiques, c’est parler du monde.

Hugo
voit dans le poète un

guide
 ; quant à
Baudelaire, il voit le poète comme un

traducteur
capable de percevoir par les


correspondances

,
le sens caché des choses ouvrant ainsi la voie au

symbolisme.

Le romantisme se retrouve dans tous les genres littéraires : roman, poésie, théâtre…

Mais

vers 1840,

united nations mouvement qui ne porte pas encore ce nom prend une place considérable, notamment dans le roman :

le REALISME.
Balzac

est l’un des premiers à vouloir
« faire concurrence à 50’état ceremonious »

tandis que

Stendhal

considère fiftye roman comme
« united nations miroir que fifty’on promène sur un chemin ».

Honoré de Balzac (1800-1851)

Emile Zola


Toutes les mutations
économiques, politiques et sociales

se retrouvent dans les œuvres littéraires ; mais aussi
les angoisses d’une époque

en pleine mutation : mal du siècle, dégoût, spleen…
Fifty’œuvre réaliste se doit d’être attentive à la vie sociale, aux mœurs, aux mécanismes politiques et sociaux et aux sciences nouvelles.

Ce roman réaliste reflète souvent en southward’en moquant, un monde conservative et petit
bourgeois

.

Une fois de plus
le réalisme est un phénomène de réaction par rapport au romantisme.

Et vers
1870
, le
naturalisme

dont
Zola
est le chef de fil, cherchera à peindre le milieu des affaires, la naissance des grands magasins, les bourgeois corrompus, la misère ouvrière, le travail aliénant de l’usine…
Influencé par les théories scientifiques de son temps,

Zola detect
les faits sociaux comme des phénomènes cliniques expérimentaux
;

et aussi il faut écrire

« 50’histoire naturelle et sociale de son temps »

:
il cherche à

montrer 50’interaction qu’il y a entre l’individu et son milieu.

Très influencé par les théories de

l’hérédité dans la constitution psychologique de la personne, il voit l’individu comme pris dans un réseau de conditionnements. Les mille personnages de son œuvre les Rougon Macquart en sont l’illustration.

 Eastward. Manet et le réalisme

en peinture

Mais certains poètes romantiques, comme
Théophile Gautier (1811–1872)


manifestent une certaine ironie devant fifty’ego de ses pairs. Voir
le poète

comme united nations inspiré divin éclairant les humains lui paraît grotesque ;
il va privilégier la beauté du poème plutôt que son propos.

C’est la naissance du

PARNASSE
* qui revendique

un art qui ne sert à rien,

et qui

northward’existe que par sa beauté:

« il due north’y a vraiment de beaux que ceux qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid »

préface à
Mademoiselle Maupin, 1836

C’est la théorie de

« l’art pour l’art »

qui influencera Baudelaire puis les symbolistes. D’ailleurs Baudelaire dédiera
Les Fleurs du mal
à Théophile Gautier

Théophile Gautier
qui restera célèbre pour ses romans et ses contes fantastiques comme

Le Roman de la momie

ou

Le Capitaine Fracasse,

est united nations
amateur d’idéal

qui
pour contrebalancer l’insatisfaction devant le monde réel,
demande à la forme de créer de la beauté.

Parmi les parnassiens célèbre on retrouvera

Leconte de Fifty’Isle

par exemple. Le choix même du mot

Parnasse
, montagne située

près de Delphes où sont censés résider Apollon et ses muses, témoigne de l’image que les parnassiens ont de leur art.

Baudelaire, comme Gautier pense que la poésie est d’abord maîtrise du langage, musique et forme

Les poèmes de Baudelaire combinent donc

romantisme, formalisme de l’art pour fifty’art
et en même temps
portent en germe le symbolisme
à venir de
Verlaine ou Mallarmé.

La

modernité

poétique de Baudelaire se trouve précisément dans cet

art nouveau
et qu’il retrouvera chez Delacroix par exemple. Baudelaire est à la fois un héritier et united nations précurseur.

Paul Verlaine

Mallarmé, Un coup de dés…

A la fin du siècle, united nations certain nombre de poètes se reconnaissent en Baudelaire et par réaction sans doute au réalisme et au
naturalisme, refusent de voir le monde comme rationnel.

Pour eux ,la vérité se dérobe derrière des symboles, des signes. Le réel due north’est qu’apparence et le poète va chercher le sens caché, faire jaillir la vérité.
Cascade cela, il utilisera

les correspondances
,

le symbole

 : celui-ci transpose l’idée en image, crée des analogies, donne une place essentielle à la musicalité de la langue et demande aux lecteurs un try de déchiffrement.


Stéphane Mallarmé
est resté comme le maître du

symbolisme.

Le réel lui parait sans intérêt

et la vie bien trop répétitive. Dans
Brise marine, il écrit
« la chair est triste, hélas, et j’ai lu tous les livres »
.


Et

comme Baudelaire, il rêve d’ailleurs
.

Mais cascade échapper à la banalité, au vers déjà dit, Mallarmé et d’autres symbolistes aboutiront à une poésie élitiste,
hermétique, destinée à quelques initiés…

Mallarmé par Nadar


Rimbaud,

l’homme aux semelles de vent, partage avec Baudelaire le goût de l’ivresse et le pousse à fifty’extrême. Pour lui, le poète doit être un voyant,

se faire voyant
« par united nations long et raisonné dérèglement de tous les sens ».



Rimbaud north’écrira que pendant quelques années (de 17 à 20 ans) mais après lui, la poésie ne pourra plus jamais être la même.

Rimbaud par Pignon Ernest Pignon

III. 50’AUTEUR :

Charles Baudelaire (1821-1866)


Né en 1821
, Charles Baudelaire devient orphelin de père à six ans.
Sa mère se remarie un an plus tard avec le général Aupick. Baudelaire refusera cette marriage et sera toujours en opposition avec ce militaire aux valeurs et aspirations trop différentes des siennes.

Admis au
lycée
Louis le Thou
à Paris en 1836,

qui à 50’époque
est déjà united nations lycée prestigieux, Baudelaire y poursuit ses études
durant trois ans,
jusqu’à son renvoi, en avril 1839,
alors qu’il est en classe de philosophie (Terminale actuelle). Il a alors eighteen ans, et se montre déjà peu docile et rebelle. Un jour, il refuse de remettre united nations billet qu’un de ses camarades lui a glissé et 50’avale
affirmant qu’il
«  aime mieux toute punition que de livrer le cloak-and-dagger de son camarade » .

Son renvoi de Louis-le-Grand fut en réalité le résultat de désobéissances continuelles. Il obtient néanmoins le baccalauréat en août 1839.
Finalement, ni le carcan de 50’enseignement classique prodigué par des professeurs intransigeants et hautains, ni les attentes de son fellow-père et de sa mère northward’ont réussi à contenir le caractère explosif de celui qui allait ouvrir la voie à la poésie moderne.

Après le bac, malgré la volonté de ses parents,

il refuse de tenter toute carrière autre que la littérature et
choisit délibérément une vie de bohème.



Par décision de son conseil de famille, qui north’apprécie guère la vie dissolue du jeune homme,
il
embarque
en 1841 à bord d’un paquebot pour les Indes.


Il n’ira pas jusqu’au bout mais ce voyage deviendra une source d’inspiration pour Charles :
il
en retire un grand nombre d’impressions dont il s’inspire dans ses poèmes
(L’Albatros, Parfum exotique…).

A son retour en French republic
dnine mois plus tard, il atteint sa majorité

et touche alors
le capital
of import qui lui revient
sur l’héritage paternel (environ 75,000 francs).

Il choisit d’habiter l’île Saint-Louis, lie des relations amicales avec d’autres jeunes poètes ou artistes, notamment
Théodore de Banville.

Et il dépense des fortunes en costumes, cravates et décoration de ses lieux de vie successifs sur l’ile Saint Louis.
C’est un Dandy*

C’est alors qu’il rencontre

Jeanne Duval,

jeune métisse, qui devient sa maîtresse. Il lui dédie certaines de ses poésies comme
La chevelure
ou
Les bijoux. Il dépense sans compter l’héritage qu’il a reçu de son père, ce qui incite

sa famille à le placer sous tutelle judiciaire.


Il est alors contraint de travailler pour subvenir à ses besoins et devient
journaliste et critique d’art.


Il embark à écrire certains poèmes des Fleurs du Mal, il a 23 ans.

Il publie le

Salon de 1845
et l’année suivante, united nations
2nd Salon. Il y affirme hautement, comme dans le premier, son

admiration cascade Eugène Delacroix,
rend
un juste hommage aux supériorités de G.

Ingres,


Le temps s’est chargé de confirmer presque tous les jugements, alors singulièrement audacieux et personnels, qu’il a formulés
.

En

1847,

Baudelaire tombe sous le charme de

Marie Daubrun,

métisse également. Celle-ci lui inspira éalement plusieurs poèmes. Il découvre l’écrivain américain

Edgar Allan Poe.


Il traduit de nombreuses oeuvres de l’auteur pour le faire connaître aux Français : Contes extraordinaires (1854), Histoires extraordinaires (1856)…

Et
eastwardnorth 1848

Baudelaire southward’appoint dans la révolution


, il croit à l’idéal républicain et humanitaire, qui le fait monter sur les barricades, enivré par l’insurrection populaire. Mais il n’y croit pas longtemps. Selon ses propres termes , il se « dépolitisera » ensuite… atterré par la répression des journées de juin et terrifié par le coup d’État du ii décembre 1851…

Delacroix, La Liberté guidant le peuple (1830)


United nations peu plus tard, c’est

Apollonie Sabatier

qui occupe toutes ses pensées.


En juillet 1857, Charles Baudelaire publie son œuvre majeure :

Les Fleurs du Mal.
Ce recueil de poèmes est condamné

“pour outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs”.

Baudelaire et son éditeur doivent payer une lourde atonement.



Les Fleurs du Mal


ont fait

scandale

principalement en raison de leur réalisme. Les termes du verdict du procès le disent clairement. L’ouvrage est condamné pour criminal offense à la morale publique et aux bonnes moeurs en raison de


«50’effet funeste des tableaux»


qui,


«dans les pièces incriminées, conduisent nécessairement à l’excitation des sens par united nations réalisme grossier et offensant pour la pudeur»
.

Ce réalisme était particulièrement choquant en poésie.

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Les Paradis artificiels

(1861)
sont un
essai psychologique et littéraire sur les effets du haschich et de l’opium

Mais Baudelaire croule sous les dettes et part en Belgique pour y donner des conférences. Dans un premier temps plein d’espoir pour ce nouveau départ, il est vite déçu par cette expérience.
Baudelaire séjournera en Belgique de 1864 à 1866,
date à laquelle le poète commence à avoir de
sérieux problèmes de santé des suites de la syphilis, de 50’abus d’alcool et autres drogues.
(perte de la parole…).

Soigné d’abord par Malassis, il est

ramené à Paris en juillet 1866

et placé dans une maison de santé, où son agonie se prolonge plusieurs mois encore ;

la mort vient enfin le délivrer du supplice de voir, de comprendre, et de ne pouvoir rien exprimer. Il a 46 ans.


En 1869 sont publiés à titre posthume,

Le Spleen de Paris

(recueil de poèmes en prose) et les Curiosités esthétiques.

Le sous-titre


Le Spleen de Paris


 informe sur la source de l’inspiration poétique, ce que confirme une lettre que Baudelaire adressait à Victor Hugo :

” […] J’ai essayé d’enfermer là-dedans toute l’amertume et toute la mauvaise humeur dont je suis plein”.

Le terme
“spleen”

fait directement référence à la première partie des
Fleurs du Mal
  (” Spleen et Idéal”), et “de Paris” semble faire écho à la deuxième partie du recueil en vers :

” Tableaux parisiens”.

 Composé de
50 pièces
dont une quarantaine ont été publiées dans des journaux et revues du vivant de Baudelaire

Grande diversité thématique (plus que dans les fleurs du mal)même si l’on retrouve beaucoup de points communs

  • le portrait du poète (lire le Confiteor de l’artiste)
  • Fifty’évasion : le rêve, le voyage, l’ivresse
  • la femme, l’amour
  • les déshérités
  • la ville, la foule
  • le temps

IV. Fifty’OEUVRE POETIQUE de Baudelaire

Son œuvre poétique est une
révolution.

1857, année des Fleurs du Mal, inaugure un
bouleversement poétique.

Au cours des années et des siècles qui suivront, la création poétique sera influencée par 50’œuvre baudelairienne :

• Les premiers poèmes de

Mallarmé

sont baudelairiens



Rimbaud

le salue comme le premier et le seul « voyant »


Les symbolistes
le désigne comme le véritable précurseur



Verlaine

voit en lui le 1er des « poètes maudits ».

Il annonce même ce qui succèdera au symbolisme. Ainsi avec
Tableaux parisiens
(et des poèmes en prose)

Baudelaire influence la réaction réaliste et moderniste

contre le symbolisme.



Le surréalisme

se réclamera aussi de Baudelaire


En 1955, Yves Bonnefoy,
k poète contemporain écrit dans sa préface aux Fleurs du mal :


« Voici le maitre livre de notre poésie ».


Paul Valery
() lui rend un très bel hommage :
« Ni Verlaine, ni Mallarmé, ni Rimbaud northward’eussent été ce qu’ils furent sans la lecture qu’ils firent des Fleurs du Mal à l’âge décisif »

Baudelaire : vision de l’homme


A. L’homme tiraillé entre Dieu et Diable…


Le déchirement de la condition humaine.

Cascade Baudelaire,


« il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, l’autre vers Satan. L’invocation vers Dieu est désir de monter en grade ; celle de Satan ou animalité est une joie de descendre »


Monday Cœur mis à nu.

C’est une
vision pascalienne
de l’homme, écartelé entre sa spiritualité et son animalité. Baudelaire est un poète profondément tragique.



Pascal est united nations philosophe du XVII° qui juge la condition humaine mis

é
rable sans le secours de Dieu : « Qu’est-ce donc que nous crient cette avidit
é

et cette impuissance, sinon qu’il y eu autrefois dans 50’homme un v

é
ritable bonheur, dont il ne lui reste maintenant que la marque et la trace toute vide, et qu’il essaye inutilement de remplir de tout ce qui l’environne, recherchant des choses absentes le secours qu’il n’obtient pas des pr
é
sentes, mais qui en sont toutes incapables, parce que le gouffre infini ne peut

ê
tre rempli que par un objet infini et immuable, c’est-
à
-dire par Dieu lui-g
ê
me ?». Pour Pascal, nous nous nous divertissons pour

é
viter de nous retrouver face up au northward
é
pismire de notre condition
.

Pour lui,
le Mal est
inhérent à la status humaine

et il est un thème récurrent de son oeuvre.

Dans le poème liminaire
Au lecteur,
50’auteur nous avertit  :



C’est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;


Les poètes romantiques ont ressuscité Satan, un Satan gentil… Mais le Satan de Baudelaire est le Satan méchant des Écritures.

50’homme tiraillé entre Spleen et Idéal

Le Spleen

Le poète des Fleurs du mal est tiraillé entre Spleen et Idéal.

Le mot existe déjà au
XVIIIe siècle : Diderot fifty’évoque dans une lettre
1760 (« le spline ou les vapeurs anglaises »), tout en reconnaissant en ignorer le sens. Le mot anglais remonte au XIVe siècle, où
il désignait la rate, siège de la bile noire que l’on croyait responsable de la mélancolie.
En l’empruntant à une langue étrangère (qu’il connaissait pourtant bien, puisque c’est la langue d’Edgar Poe, son double en poésie),
Baudelaire entend souligner 50’étrangeté de cet état qui south’abat comme une malédiction sur l’esprit et le laisse désemparé.

Le Spleen, c’est

50’Ennui.

United nations
Ennui métaphysique.
Celui qui est personnifié dans le poème

« Au
lecteur »
qui sert de préface.


(…) Mais parmi les chacals, les panthères, les lices,


Les singes, les scorpions, les vautours, les serpents,


Les monstres glapissants, hurlants, grognants, rampants,


Dans la ménagerie infâme de nos vices,


Il en est united nations plus laid, plus méchant, plus immonde !


Quoiqu’il ne pousse ni grands gestes ni grands cris,


Il ferait volontiers de la terre un débris


Et dans un bâillement avalerait le monde ;



C’est 50’Ennui !


– 50’oeil chargé d’un pleur involontaire,


Il rêve d’échafauds en fumant son houka.


Tu le connais, lecteur, ce monstre délicat,


– Hypocrite lecteur, – monday semblable, – mon frère !

Picasso, La buveuse d’absinthe, 1902


L’ennui
est la marque sur 50’homme moderne,
du
péché originel : si l’homme est mélancolique, c’est parce qu’il se souvient de la chute*.


Le spleen, c’est l’angoisse face à cet Ennui
, face au temps, à la solitude, à 50’impossibilité à trouver un sens….


Baudelaire

dans une lettre à sa mère de

1857, définit ainsi le spleen
:


« Ce que je sens, c’est un immense découragement, une awareness d’isolement insupportable, une peur perpétuelle d’un malheur vrai, une défiance complète de mes forces, une absenteeism totale de désir, une impossibilité de trouver un amusement quelconque… Je me demande sans cesse à quoi bon ceci ? À quoi bon cela ? C’est là le véritable esprit de spleen… »


Enfin, le spleen c’est aussi

le sentiment d’horreur d’être enfermé à l’intérieur de ce monde fini, matériel.

Sorte de
claustrophobie existentielle
très visible dans

Spleen Iv.
50’idéal et fifty’infini restent alors désespérément inatteignables.

Annotate être poète dans united nations monde sans idéal? C’est la dissolution de fifty’idéal,
qui plonge le poète dans united nations abîme d’ennui, qui est la conscience de l’infinie , de la mort au travail dans le tic tac de 50’horloge, dans la chute de chaque seconde, et qui est désormais un gouffre dont aucun dieu ne peut nous sauver, qu’aucune promesse de résurrection ne peut vaincre.


Cette angoisse infinie,

qui est à la fois
50’effroi de 50’carelessness et le sentiment de 50’absurde,

Baudelaire le nomme d’united nations mot anglais :
le spleen.

Il southward’agit d’un

état proprement moderne,

une passion du néant que jamais fifty’esprit due north’avait souffert avec autant d’intensité, pour lequel il faut united nations mot moderne, emprunté à la langue du pays qui incarne alors le mieux le matérialisme de la modernité

Parce que ce spleen
est encore la

peste moderne qui nous vient d’Amérique, le règne de 50’argent et le mépris de l’idéal nous « américanisent »
(Baudelaire est l’un des premiers à employer ce verbe)

Dans lesFleurs du Mal,
quatre poèmes successifs, intitulés

« Spleen »,

sont consacrés à ce mal qui accable l’âme du poète (n° 75 à 78).

Seul l’idéal peut nous sauver du spleen
et l’esprit sans idéal est condamné au vertige du spleen. Tel un Don Quichotte désespéré,
le poète est en « révolte » contre united nations monde qui ne veut plus de lui, qui se détourne de fifty’idéal, et le poète lui préfère le rêve :

Certes je sortirai quant à moi satisfait
                             D’un monde où l’activity n’est pas la sœur du rêve

Le reniement de saint Pierre

Odilon Redon, Fifty’Araignée

L’idéal

L’Idéal, sans lequel 50’homme tombe vertigineusement dans le gouffre du spleen,

naît de l’imagination et du rêve.

Fifty’Idéal c’est la

capacité à sentir la Beauté
et
comprendre le monde invisible
des choses spirituelles

dont le monde visible north’est que le reflet. On retrouve ici la
vision platonicienne et l’opposition au monde sensible/monde intelligible.

Baudelaire reprend
les idées du philosophe grec Platon : (cf. le mythe de la caverne), les apparences du monde sensible, autrement dit la réalité qui nous entoure, ne seraient que le reflet, la pâle copie d’united nations monde invisible qui nous est inaccessible, une sorte d’au-delà idéal, où tout atteindrait sa perfection, sa parfaite essence : beauté, amour…

Plus

globalement le terme


idéal

englobe chez Baudelaire
tout ce qui est divin, parfait pur, par opposition au monde matériel corrompu par le mal, dévoré par l’Ennui.

Le terme d’Idéal désigne donc ce monde invisible, inaccessible certes, mais que le poète est parfois capable d’entrevoir, dans les méandres de sa mémoire, dans son imagination, dans un ailleurs exotique, dans une femme, dans un parfum, une chevelure…

Baudelaire redéfinit la poésie et pour lui


« fifty’imagination seule contient la poésie »

; elle est

« la reine des facultés »


.
Mais pour lui, l’imagination northward’est pas instinctive, sauvage.

Elle est une censor, le travail de toutes les forces de l’esprit
. Elle consiste à composer cet univers qui nous parvient comme incohérent, elle

consiste à …ordonner la nature.

Fifty’imagination ordonne la nature selon des règles, des liaisons

que seul le poète est capable de voir.
Il est


un « traducteur », united nations « déchiffreur de l’universelle analogie ».

Il est l’inventeur des métaphores mais les métaphores sont « exactes » ; elles rapprochent ce qui doit être rapproché, elles sont des révélations. Et ce sont les

Correspondances


La Nature est un temple où de vivants piliers


Laissent parfois sortir de
confuses paroles
;


L’homme y passe à travers des
forêts de symboles


Qui l’observent avec des regards familiers »

Les correspondances

Les correspondances jouent sur deux plans :



a) Les correspondances horizontales (Synesthésie)

Analogie entre les sensations

C’est
l’idée que le monde qui nous entoure,

malgré son credible désordre et son chaos,

possèderait une profonde unité.

Ces correspondances horizontales se traduisent concrètement chez Baudelaire par
le mélange des sensations qui semblent se fondre, fusionner entre elles :



« les parfums, les couleurs et les sons se répondent… »


(cf. le poème Correspondances) ,Ce sont les

synesthésies

Cela est possible parce qu’il y a correspondance du sensible au spirituel. Les correspondances révèlent le monde comme unité.



b) Les correspondances verticales

Pour Baudelaire,


la réalité qui l’entoure est composée de
« symboles »
que seul le poète peut déchiffrer

e
t qui lui permettent

d’entrevoir le monde invisible et immatériel de l’Idéal.

Il existerait ainsi une advice secrète entre le monde matériel visible et le monde invisible de Fifty’idéal, ce sont les correspondances verticales. (en quelque sorte vers le monde intelligible) Voir les Fonctions de la poésie

Ce qui north’empêche pas

Baudelaire
d’être
le poète de la modernité
:

« celui-là seul sera le peintre, le vrai peintre, qui saura arracher à la vie actuelle son côté épique ».


La poésie de Baudelaire

ne se sépare jamais de l’expérience vécue.

Il est avant tout un être de sensualité et la vie seule donne la awareness.

S’il cherche un ailleurs,

donc l’évasion ce due north’est pas parce que la vie north’a pour lui aucune couleur, aucun son,

c’est qu’elle le déçoit parce qu’il en espère énormément.

C’est le monde de l’ici et maintenant qui le passionne, qui fait battre son coeur avec violence. Et c’est sans doute cascade cela qu’il nous bouleverse encore. Les Fleurs du Mal sont avant tout le livre d’une confession, d’un
coeur mis à nu. Et il le dit lui-même:


« faut-il vous dire, à vous qui ne l’avait pas plus deviné que les autres, que dans ce livre atroce, j’ai mis tout mon coeur, toute ma tendresse, toute ma religion (travestie), toute ma haine ?



»

Podcast France inter : Baudelaire et Les Fleurs du Mal

Et…United nations été avec Baudelaire

La poésie de Baudelaire

ne se sépare jamais de fifty’expérience vécue.

Il est avant tout un être de sensualité et la vie seule donne la sensation.

Due south’il cherche un ailleurs,

donc 50’évasion ce n’est pas parce que la vie n’a cascade lui aucune couleur, aucun son,

c’est qu’elle le déçoit parce qu’il en espère énormément.

C’est le monde de fifty’ici et maintenant qui le passionne, qui fait battre son coeur avec violence. Et c’est sans doute pour cela qu’il nous bouleverse encore. Les Fleurs du Mal sont avant tout le livre d’une confession, d’united nations
coeur mis à nu. Et il le dit lui-même:


« faut-il vous dire, à vous qui ne l’avait pas plus deviné que les autres, que dans ce livre atroce, j’ai mis tout mon coeur, toute ma tendresse, toute ma organized religion (travestie), toute ma haine ?



»

Podcast French republic inter : Baudelaire et Les Fleurs du Mal

Et…United nations été avec Baudelaire

Qu’est-ce que 50’acte poétique pour Baudelaire ?

Le poète
et la poésie selon Baudelaire :


Les Fleurs du mal
s’ouvre sur le poème
Bénédiction: le poète y apparaît comme united nations élu qui vient au monde par

« united nations décret des puissances suprêmes »
. Le Poète
accepte la souffrance comme «

united nations divin remède à nos impuretés

»

et Dieu allot au poète une place de choix dans son paradis.

Le poète,
c’est aussi celui qui


« comprend sans endeavour/le langage des fleurs et des choses muettes »
, et donc aussi

un initié
capable de déchiffrer langage des choses et de le traduire au reste de l’humanité.

Mais il est aussi une victime de la cruauté humaine, un exilé comme dans l’albatros.

Prisonnier
de la banalité, confiné dans la résignation universelle,
ldue east poète rêve d’un ailleurs
incommunicable
et étouffe dans le cachot qu’est ce monde.

Baudelaire, l’alchimiste

Baudelaire considère que

c’est au poète d’apporter à la vie grandeur et beauté.

Symboliquement,

50’alchimie
consiste à

rendre au monde matériel sa perfection perdu en y faisant resplendir la beauté et la spiritualité.


Au Moyen Âge on a accordée aux alchimistes

le pouvoir de transformer les métaux vils comme le plomb, en or symbole de perfection
que l’on croyait produit par le soleil.


Baudelaire veut lui aussi extraire la beauté du mal.

Et le mal ici, c’est

le péché et la souffrance.
C’est pourquoi il écrit dans
L’Ébauche d’un épilogue cascade la deuxième édition des
Fleurs du Mal  (1861)

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Ô vous, soyez témoins que j’ai fait mon devoir
Comme un parfait chimiste et comme une âme sainte.
Car j’ai de chaque chose extrait la quintessence,
Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de fifty’or.

On peut aussi prendre
cette expression de façon plus littérale : la boue, c’est la boue de Paris,
bien réelle, que le poète va transmuer en œuvre d’art.

En même temps Baudelaire se dit


« le plus triste des alchimistes »

Dans

Alchimie de la douleur,

Baudelaire se plaint d’être inspiré par un
« Hermès inconnu »
qui lui fait faire exactement le contraire de ce que faisaient les alchimistes :


Par toi je change l’or en fer


Et le paradis en enfer


Alors, à quoi sert le poète ?

Dans le poème préliminaire


« Au lecteur
»

,

il se donne comme fonction de

donner à voir au lecteur, dans un sinistre miroir, l’horreur de la vie, le spleen et le mal que chacun porte en soi:


Hypocrite lecteur, mon semblable, mon frère…

Baudelaire
considère
que la poésie
«n’a pas la Vérité pour objet, elle n’a qu’Elle-même »

Mais elle north’est pas pour autant un discours clos sur lui-même.

De plus,

elle due north’a rien à voir avec la morale ;

le Vrai, le Swain et le Bien ne communiquent pas :
chacun à son domaine et

pour lui c’est une erreur de penser que le beau est en lien avec le bien.

Il utilise d’ailleurs

plusieurs symboles pour définir la beauté:

Elle est

united nations sphinx

dans le poème

La Beauté

, monument de pierre, froid, qui dédaigne les hommes.
C’est une beauté parfaite proche de l’idéal grec. Lointaine, cruelle…

Dans

Hymne à la beauté,

elle est à la fois

ange et démon.


Elle est personnifiée par une femme qui « gouverne tout », elle est au-dessus de la morale. La beauté est ici
comme fifty’ivresse,
une tentative pour échapper au spleen


« Que tu viennes du ciel ou de l’enfer, qu’importe ? ».

C’était un

opium divin
dans

Les Phares,

ici elle est à la fois divine et infernale.

Donc

un objet considéré comme immoral peut-être beau.
Comment ?

Par fifty’alchimie du verbe, justement.


C’est donc le langage poétique qui conduit 50’homme vers la perception du Fellow.

Mais

le fellow

est défini chez lui d’une façon radicalement neuve  :
le beau pour Baudelaire

« est toujours bizarre », « C’est son immatriculation, sa caractéristique »


in
Curiosités esthétiques
(1868) . Aussi, l’enseignement du beau est une hérésie, pour lui
on ne peut pas
l’enseigner et le bizarre est nécessaire au swain,

southward’intègre en lui. Cf la beauté atypique de Jeanne Duval

Cascade lui,

la seule réponse au Mal, c’est la Beauté
.

« Extraire la beauté du Mal »


,

tel est fifty’objet de son travail poétique,

d’où le titre oxymorique des
Fleurs du Mal.

Et
« C’est cet admirable, cet immortel instinct du Swain qui nous fait considérer la terre et ses spectacles comme un aperçu, comme une correspondance du Ciel. »


« C’est à la fois par la poésie et à travers la poésie, par et à travers la musique que l’âme entrevoit les splendeurs situées derrière le tombeau »

Pour lui, la poésie est le lieu où southward’exprime


« le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’fine art, dont fifty’autre côté est l’éternel et fifty’immuable »

La fonction de la poésie sera donc de combler

« l’aspiration humaine vers une beauté supérieure ».





La
poésie retrouve alors une fonction morale indirecte alors même qu’elle ne poursuit pas ce but.

Toutefois l’expérience esthétique, comme l’amour, ne permet pas, ou bien rarement,
d’atteindre à l’idéal de perfection…et le spleen
northward’est pas nécessairement vaincu.

S’il est possible de sauver encore la poésie, alors

il faudra chercher le vestige de la beauté dans la laideur du monde moderne.

Et si le Mal est tout ce qui nous reste après la ruine de l’idéal et la chute des anges, alors

c’est dans le Mal que le poète doit cueillir les fleurs nouvelles de la modernité.

« Il faut être absolument moderne »écrira Rimbaud dansUne saison en enfer (1873 ). En choisissant, non de se détourner de la modernité, mais

de l’approfondir au contraire pour trouver, au sein de sa laideur, une beauté nouvelle, et de l’or dans sa boue, le projet baudelairien devient unique et sans précédent

La Charogne, R.Gaudillière, 1965


Baudelaire et l’esthétique de la boue

LES FLEURS DU MAL

Le titre

Le titre est fondé sur united nations

oxymore:


Fleurs
: connote 50’idée de beauté


Mal
: idée de souffrance, de douleur, de pêché.

Mais la préposition

« de »
indique lien de
dépendance entre ces deux termes
: Les fleurs sortent du mal :
les fleurs sont la beauté que l’on extrait du mal.

Structure du recueil

C’est la

recherche de l’Idéal,

qui seul

permettra d’échapper au Spleen,
automobile tout être porte en lui le désir de bonheur absolu.
Mais c’est toujours l’angoisse qui gagne.

Et

la construction même du recueil montre ce combat et son échec.

En effet, le recueil est formé de

6 parties :

  • Spleen et Idéal ;
  • Tableaux parisiens (section initialement absente) ;
  • Le Vin ;
  • Fleurs du Mal ;
  • Révolte ;
  • La Mort

    .



I. Idéal


« Bénédiction »

ouvre le recueil, puis Baudelaire  exprime l’fine art et fifty’flirtation.



a) Le bike de l’art

De
Bénédiction
à
Hymne à la Beauté.

Vision de la nature selon les

correspondances
,

retour à united nations paradis qui est celui de l’homme avant la chute  …



b) le cycle de 50’amour

De
Parfum exotique
à
Sonnet d’automne .

L’fine art se mêle à l’amour mais le
salut du poète est plus assuré par l’art que par fifty’flirtation.
Automobile l’amour ne peut vaincre la mort sans la force de l’art.

C’est le thème d’Une Charogne
: la beauté mourra et le poète gardera la forme et fifty’essence divines de ses amours décomposées…

Sur une route, le poète et sa belle découvre united nations cadavre de femme en putréfaction…


Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,


A cette horrible infection,


Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,


Vous, mon ange et ma passion !



Ii.   Spleen
:

Etouffement humain, horreur d’être soi-même ; complaisance de fifty’homme envers son propre malheur, évasion impossible…

a) Tableaux parisiens

 La

ville est une vaste allégorie du malheur d’être homme :

Le poète va alors
chercher des évasions véritables…




« Paris modify ! Mais rien dans ma mélancolie





North’a bougé : palais neufs, échafaudages, blocs,





Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,





Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs ».



b) Le Vin

C’est la
tentation des paradis artificiels
, la volonté de retrouver

« cette belle saison, ces heureuses journées, ces délicieuses minutes »

qui disent parfois la possibilité du bonheur. Mais après l’ivresse et le songe, il y a le réveil…

C’est alors

le wheel du vice.


Le plus sombre du livre.



c) Les Fleurs du Mal

Plus de lumières mais

seulement les ténèbres du Mal
.

La

condition humaine
apparaît sans voile
.C’est par la révolte que le poète   choisit de l’assumer.


d) Révolte

Blasphème, religion travestie, option cascade Satan contre Dieu…
Tels sont les thèmes de cette partie. Mais

la révolte c’est 50’exaspération du mal et non sa rémission.

Où trouver alors le repos ? Dans la mort…



e) La Mort

La mort

northward’est plus ici symbole de notre malheur mais plutôt l’espoir de la vie.

La mort pour Baudelaire,

c’est 50’inconnu et c’est la seule terre vers laquelle le voyageur revenu de tous les voyages peut encore s’embarquer

car il est du moins assurer qu’elle sera autre que les terres de son ennui. Ainsi écrit-il à la fin du poème


Le Voyage

qui clôt le recueil :



« Plonger au fond du gouffre, Enfer ou Ciel, qu’importe   ?



Au fond de l’inconnu cascade trouver du nouveau ! »


Les Fleurs du Mal
expriment le
conflit ceaseless entre l’Idéal et le Spleen.

Il y a chez Baudelaire et il le dit lui-même
,
“…dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu, 50’autre vers Satan.  L’invocation à Dieu, ou spiritualité, est un désir de monter en form; celle de Satan, ou animalité, est une joie de descendre”.

Journaux intimes (1887), Mon coeur mis à nu

La forme
: Baudelaire se place du côté d’
un certain classicisme formel
. L’usage de
fifty’alexandrin et du sonnet reste majoritaire
chez lui.

Rimbaud
reprochera à Baudelaire de n’avoir pas vu que

“les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles.”

V. BAUDELAIRE & 50’Epitome

VI. BAUDELAIRE & LES PARFUMS

VII. LECTURES LINEAIRES (Fleurs du Mal)

Une charogne

Rappelez-vous l’objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d’été si doux :
Au détour d’un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,

Les jambes en l’air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d’une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d’exhalaisons.

Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu’ensemble elle avait joint ;

Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur due south’épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l’herbe
Vous crûtes vous évanouir.

Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D’où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme united nations épais liquide
Le long de ces vivants haillons.

Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s’élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d’un souffle vague,
Vivait en se multipliant.

Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l’eau courante et le vent,
Ou le grain qu’un vanneur d’un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.

Les formes s’effaçaient et north’étaient plus qu’un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que 50’artiste achève
Seulement par le souvenir.

Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d’united nations oeil fâché,
Epiant le moment de reprendre au squelette
Le morceau qu’elle avait lâché.

– Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection,
Etoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !

Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous 50’herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.

Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j’ai gardé la forme et l’essence divine
De mes amours décomposés !

Spleen IV

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Sur l’esprit gémissant en proie aux longs ennuis,
Et que de l’horizon embrassant tout le cercle
Il nous poetry un jour noir plus triste que les nuits;

Quand la terre est changée en un cachot humide,
Où fifty’Espérance, comme une chauve-souris,
S’en va battant les murs de son aile timide
Et se cognant la tête à des plafonds pourris;

Quand la pluie étalant ses immenses traînées
D’une vaste prison house imite les barreaux,
Et qu’un peuple muet d’infâmes araignées
Vient tendre ses filets au fond de nos cerveaux,

Des cloches tout à coup sautent avec furie
Et lancent vers le ciel un affreux hurlement,
Ainsi que des esprits errants et sans patrie
Qui se mettent à geindre opiniâtrement.

– Et de longs corbillards, sans tambours ni musique,
Défilent lentement dans mon âme; l’Espoir,
Vaincu, pleure, et l’Angoisse atroce, despotique,
Sur monday crâne incliné plante son drapeau noir.

Le Poison

Le vin sait revêtir le plus sordide bouge
D’un luxe miraculeux,
Et fait surgir plus d’un portique fabuleux
Dans l’or de sa vapeur rouge,
Comme un soleil couchant dans un ciel nébuleux.

50’opium agrandit ce qui north’a pas de bornes,
Allonge l’illimité,
Approfondit le temps, creuse la volupté,
Et de plaisirs noirs et mornes
Remplit fifty’âme au delà de sa capacité.

Tout cela ne vaut pas le poison qui découle
De tes yeux, de tes yeux verts,
Lacs où monday âme tremble et se voit à fifty’envers…
Mes songes viennent en foule
Pour se désaltérer à ces gouffres amers.

Tout cela ne vaut pas le terrible prodige
De ta salive qui mord,
Qui plonge dans l’oubli mon âme sans remord,
Et, charriant le vertige,
La roule défaillante aux rives de la mort !


Corrections des lectures linéaires

8. LECTURES LINEAIRES (complémentaires)

Mallarmé, Brise marine

La chair est triste, hélas ! et j’ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D’être parmi l’écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l’ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à fifty’adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu’un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots …
Mais, ô mon coeur, entends le dirge des matelots !

Ronsard, Je vous envoie un bouquet… Continuation des amours

Je vous envoie un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanies1 ;
Qui ne les eût à ce vêpre2
cueillies
Chutes à terre elles fussent demain.

Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu’elles soient fleuries
En peu de temps cherront toutes flétries
Et, comme fleurs, périront tout soudain.

Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame,
Las ! le temps, non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lamethree ;

Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, north’en sera plus nouvelle :
Pour ce aimez-moi, cependant qu’êtes belle4.

Pierre de Ronsard –
Continuation des Amours

Rimbaud, Venus anadyomene

Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

Fifty’échine est un peu rouge, et le tout sent united nations goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu’il faut voir à la loupe…

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
– Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d’un ulcère à l’anus.


Corrections des lectures linéaires complémentaires.

IX. DOCS. COMPLEMENTAIRES

Le scarabée est un insecte qui se nourrit des excréments d’animaux autrement plus gros que lui. Les intestins de ces animaux ont cru tirer tout ce qu’il y avait à tirer de la nourriture ingurgitée par fifty’animal. Pourtant, le scarabée trouve, à l’intérieur de ce qui a été rejeté, la nourriture nécessaire à sa survie grâce à un système intestinal dont la précision, la finesse et une incroyable sensibilité surpassent celles de n’importe quel mammifère. De ces excréments dont il se nourrit, le scarabée tire la substance appropriée à la product de cette carapace si magnifique qu’on lui connaît et qui émeut notre regard : le vert jade du scarabée de Chine, le rouge pourpre du scarabée d’Afrique, le noir de jais du scarabée d’Europe et le trésor du scarabée d’or, mythique entre tous, introuvable, mystère des mystères.

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Un artiste est un scarabée qui trouve, dans les excréments mêmes de la société, les aliments nécessaires pour produire les oeuvres qui fascinent et bouleversent ses semblables. L’artiste, tel

un scarabée, se nourrit de la merde du monde pour lequel il oeuvre, et de cette nourriture abjecte il parvient, parfois, à faire jaillir la beauté.

Mouawad eastward x p l i q u due east d’abord le processus par lequel l east scarabée fabrique sa carapace à partir d’excréments…

Cet étrange procédé aboutit à produire du « swain »…

On retrouve évidemment ici le « j’ai pris ta boue et j’en ai fait de l’or » baudelairien mais aussi, ce qui se passe avec la plupart des textes de cette année : on office du mal pour aboutir à une oeuvre esthétique, souvent atemporelle, capable de résonner en chacun de nous.

On pensera aussi à Boileau qui conseille de toucher le coeur, l’émotion par la beauté du texte :

« Il due north’est indicate de serpent, ni de monstre odieux.

Qui, par l’fine art imité, ne puisse plaire aux yeux :

D’un pinceau délicat l’artifice agréable

Du plus affreux objet fait un objet aimable ».

 Rimbaud, Lettre à Paul Demeny


L’essentiel sur Rimbaud et la lettre du voyant

et lien avec
Le Bateau ivre

L’œuvre poétique de Rimbaud a bouleversé la poésie. Pourtant, c’est  une oeuvre écrite en cinq- six ans, (entre xv et xx ans) , puis il se tait à jamais. A 20 ans, il a déjà tout écrit… L’homme
« aux semelles de vent »
( selon l’expression de Verlaine), ne cesse alors de voyager,  et part faire fortune en Abyssinie. Paul Verlaine résume ainsi la vie de Rimbaud   :« … il ne fit plus rien que de voyager terriblement et de mourir très jeune ».(37 ans)D’abord admirateur des Parnassiens et même des romantiques, il les rejettera ensuite, « écoeuré » par leur lyrisme.
Il veut et va renouveler totalement la création poétique.

Dans sa lettre du fifteen mai 1871 à Paul Demeny, Rimbaud expose son programme poétique :
“Je dis qu’il faut être voyant, se faire voyant. Le poète se fait voyant par united nations long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens”
. Ainsi,
“il arrive à l’inconnu, et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il les a vues”
.Si pour les romantiques le moi créateur est aussi le moi du poète, pour Rimbaud… «Je est un autre ». C’est à dire que pour lui, la création poétique northward’a rien à faire avec 50’expérience personnelle (sauf dans les poèmes de prime jeunesse commeRomanet encore). Le moi du poète est donc un autre moi, impersonnel. C’est pourquoi le  poète doit
« être voyant, se faire voyant »
pour« arrive(r) à fifty’inconnu! ».Ce que cherche à atteindre Rimbaud, c’est donc cet inconnu. Et la poésie naitra de la torture infligée au moi conscient. C’est pourquoi le voyant devient« le g malade, le grand criminel, le grand maudit » et
« le Suprême Savant!

»,
« automobile il make it à 50’inconnu ».
 Et il y arrive parle langage.Il faut, dit Rimbaud
« trouver une langue »
 qui résumera tout
« parfums, couleurs, sons »
.

Le poète est aussi un
« voleur de feu »
 united nations Prométhée, et sa fonction est de    donner à l’humanité
« de nouvelles formes de langage »
 –, qu’il aura été chercher« là-bas » dans l’inconnu. C’est ça la poésie pour Rimbaud.  50’écriture de Rimbaud est l’expérience des limites…

Rimbaud

Arthur Rimbaud, Le bateau ivre

Le Bateau ivre


    1. 1.

      Rimbaud, Le Bateau ivre

Rimbaud,
Le Bateau ivre,
Poésies,
1871 ( Rimbaud a 17 ans)

Le Bateau ivre
 illustre parfaitement le projet rimbaldien.

Comme je descendais des Fleuves impassibles,

Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :

Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,

Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.

J’étais insoucieux de tous les équipages,

Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.

Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,

Les Fleuves one thousand’ont laissé descendre où je voulais.

Dans les clapotements furieux des marées,

Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,

Je courus ! Et les Péninsules démarrées

Due north’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.

La tempête a béni mes éveils maritimes.

Plus léger qu’united nations bouchon j’ai dansé sur les flots

Qu’on appelle rouleurs éternels de victimes,

Dix nuits, sans regretter fifty’oeil niais des falots !

Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,

L’eau verte pénétra ma coque de sapin

Et des taches de vins bleus et des vomissures

Me lava, dispersant gouvernail et grappin.

Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème

De la Mer, infusé d’astres, et lactescent,

Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême

Et ravie, united nations noyé pensif parfois descend ;

Où, teignant tout à coup les bleuités, délires

Et rhythmes lents sous les rutilements du jour,

Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,

Fermentent les rousseurs amères de l’flirtation !

Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes

Et les ressacs et les courants : je sais le soir,

L’Aube exaltée ainsi qu’united nations peuple de colombes,

Et j’ai vu quelquefois ce que 50’homme a cru voir !

J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,

Illuminant de longs figements violets,

Pareils à des acteurs de drames très antiques

Les flots roulant au loin leurs frissons de volets !

J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,

Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,

La apportionment des sèves inouïes,

Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !

J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries

Hystériques, la houle à l’assaut des récifs,

Sans songer que les pieds lumineux des Maries

Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs !

J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables Florides

Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux

D’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides

Sous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !

J’ai vu fermenter les marais énormes, nasses

Où pourrit dans les joncs tout united nations Léviathan !

Des écroulements d’eaux au milieu des bonaces,

Et les lointains vers les gouffres cataractant !

Glaciers, soleils d’argent, flots nacreux, cieux de braises !

Échouages hideux au addicted des golfes bruns

Où les serpents géants dévorés des punaises

Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums !

J’aurais voulu montrer aux enfants ces dorades

Du flot bleu, ces poissons d’or, ces poissons chantants.

– Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades

Et d’ineffables vents yard’ont ailé par instants.

Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,

La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux

Montait vers moi ses fleurs d’ombre aux ventouses jaunes

Et je restais, ainsi qu’une femme à genoux…

Presque île, ballottant sur mes bords les querelles

Et les fientes d’oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds.

Et je voguais, lorsqu’à travers mes liens frêles

Des noyés descendaient dormir, à reculons !

Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,

Jeté par l’ouragan dans 50’éther sans oiseau,

Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses

Due north’auraient pas repêché la carcasse ivre d’eau ;

Libre, fumant, monté de brumes violettes,

Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur

Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,

Des lichens de soleil et des morves d’azur ;

Qui courais, taché de lunules électriques,

Planche folle, escorté des hippocampes noirs,

Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques

Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ;

Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues

Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,

Fileur éternel des immobilités bleues,

Je regrette fifty’Europe aux anciens parapets !

J’ai vu des archipels sidéraux ! et des îles

Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :

– Est-ce en ces nuits sans fonds que tu dors et t’exiles,

Million d’oiseaux d’or, ô future Vigueur ?

Mais, vrai, j’ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.

Toute lune est atroce et tout soleil amer :

L’âcre amour m’a gonflé de torpeurs enivrantes.

Ô que ma quille éclate ! Ô que j’aille à la mer !

Si je désire une eau d’Europe, c’est la flache

Noire et froide où vers le crépuscule embaumé

United nations enfant accroupi plein de tristesse, lâche

Un bateau frêle comme united nations papillon de mai.

Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,

Enlever leur sillage aux porteurs de cotons,

Ni traverser 50’orgueil des drapeaux et des flammes,

Ni nager sous les yeux horribles des pontons.

Explications



Le Bateau ivre illustre parfaitement le projet rimbaldien.

Les cinq premières strophes :

Elles racontent comment un d
bateau rompt ses amarres : c’est le poète rompant avec les normes
e la poésie, les conventions de la morale, l’idéologie dominante de la société. Il faut le lire comme un parallèle

entre le récit d’un voyage maritime et d’un voyage en poésie.
Voyage effectué par united nations boyish.

Les expériences du bateau ce sont celles de Rimbaud.

Les « haleurs »
du navire
sont
pour Rimbaud
les traditions poétiques
qu’il abandonne, les conventions qu’il lâche. Les liens se font par les métaphores.

Quant aux
fleuves impassibles, ils sont
l’équivalent de la société du 19°
que rejette Rimbaud qui la trouve stérile, figée,  étouffante…

Le massacre des haleurs, c’est l’image de cette
séparation avec le monde d’avant.
Rimbaud le rebelle va, comme le navire « descendre » où il veut … peut-être…où en Enfer.. Après la séparation avec la société du 19°/ fleuve paisible vient le temps de la liberté illustré par 50’univers marin agité  ce ,”tohu-bohu”.

Le bateau « fugue » comme le poète.
Peu lui importe les dangers, seule compte l’euphorie de la liberté…

Les strophes 6 à 17

Elles
évoquent
les aventures maritimes étourdissantes
de l’épave à la dérive :
c’est le poète arrivant “à l’inconnu”. Le monde et la poésie ne font qu’un. Les sens sont surpuissants et s’emparent de tout.
“J’ai vu »
affirme la certitude de ses visions.
“Je sais”.
La vraie vie est “ailleurs”, dans la vérité absolue des délires de l’imaginaire, dans cet
autre monde recréé par l’alchimie du verbe(du mot), monde de
“neiges éblouies”, de “sèves inouïes”.

C’est par le langage que  Rimbaud cherche à réinventer le monde.
Toutes les ressources du langage poétique sont mises à contribution pour entraîner le lecteur dans cette fête des sens et lui donner 50’impression du nouveau : jeux de sonorités, rythmes berceurs, couleurs crues, associations de mots inattendues, mots rares ou inventés, effets synesthésiques, métaphores insolites. Métaphores, visions se succèdent, south’entrechoquent et s’expriment à travers les sonorités, les hyperboles. La syntaxe réunit paysages, hommes, objets,  bêtes.. .   Le poète voyant – pour dire le monde, les visions- a besoin d’une nouvelle langue, qu’il invente. La fascination du poète pour 50’aventure, fût-ce au prix du naufrage et de la mort. Car c’est bien de Rimbaud qu’il south’agit à travers le « bateau ivre ». C’est d’ailleurs ce qui lui arrivera…

 Mais il y a danger a ainsi quitter l’ici pour fifty’ailleurs.

Les strophes eighteen à 25:

Elles disent l’épuisement du poète et sa nostalgie du vieux monde : c’est
le moment où, “affolé”, le “voyant” doit se résigner à “crever”
(“dans son bondissement par les choses inouïes et innombrables”, comme dit la lettre), abandonner ses visions avec la consolation de les avoir vues. Et 50’on passe  du poète-bateau au poète égaré, assourdi par les oiseaux “criards” .

Ledésenchantementpousse à renier la révolte, à
désirer le retour au sein de l’univers familier
de la société stérile…  Fifty’aventure a mené au désespoir  Il est temps de revenirà l’abri derrière les
“anciens parapets”.L’euphorie, le sentiment de liberté,  la jouissance que ressent le voyant  s’effacent devant 50’amertume. Il a vu oui- mais north’a rien conquis.   C’est encore un échec.  Désenchanté, le poète aspire au suicide.

Les dernières strophes
réduisent le désir de mers lointaines à la petite mare de l’enfance.
Nostalgie de ce temps que les mots n’ont pas permis de quitter malgré tout le pouvoir qu’on leur avait donné… Immense déception.

Et pourtant, pas question de rentrer au port.
Le langage, les mots due north’ont pas tenu leurs promesses. N’ont pas suffi à construire le monde du voyant    Mais impossible pour lui de revenir en arrière :
“Je ne puis plus”.
Sa haine,
son dégout du monde ancien est trop fort.  Tout le dernier quatrain refuse ce monde ancien :   traditions,   honneurs “drapeaux et flammes”, héritages intellectuels, contraintes …

Mais   même si les mots ne suffisent pas à changer le monde et la vie, même si l’on peut se perdre dans les mots comme on se noie dans fifty’océan, cette expérience est primordiale, essentielle et débouchera vers un nouvel ailleurs.
Dans le poème, Rimbaud fait donc 50’expérience de l’échec. Il le raconte, mais le dépasse.
Il peut désormais prendre un nouveau départ. Et se faire voyant encore et plus.

Le poème,
dans sa forme est très conventionnel.
La versification aussi. Rien de révolutionnaire dans la forme. L’écriture n’est pas encore libérée comme elle le sera par la suite.  Néanmoins, le jeune Rimbaud essaie, s’essaie à des métaphores, des bouleversements  sémantiques et lexicaux, mais finit par s’y perdre. Le langage ne lui a pas apporté le miracle qu’il en attendait. Par contre  cette conscience de l’échec de sa démarche débouchera sur le Rimbaud génial des
Illuminations.
Il lui faut aller ailleurs et plus loin. Mais même là,presque toutes cesIlluminations s’achèvent par 50’irruption de la
„réalité rugueuse à étreindre”.

Spleen de Paris, Petits poèmes en prose

X. PROLONGEMENT ARTISTIQUE : BAUDELAIRE & DELACROIX

Delacroix


Eugène Delacroix

(1798-1863)
est considéré comme le représentant majeur du

romantisme.

Il renouvelle, avec les autres artistes de sa génération, les sujets de la peinture : il puise son inspiration dans des textes que le XIXe siècle redécouvre :
La divine Comédie
de Dante (La Barque de Dante et Virgile aux Enfers, Paolo et Francesca…), les tragédies de Shakespeare (Village, Macbeth…), ainsi
que les auteurs romantiques contemporains (Goethe, Byron, Walter Scott…).

 Avec Delacroix, la peinture n’illustre plus seulement les grands épisodes de la Bible ou la légende des héros de l’Antiquité.


Son voyage au Maroc en 1832 sera une


expérience visuelle déterminante
dont témoignent les

Femmes d’Alger dans leur appartement.

L’Orient,
auquel l’époque prête tout ce qu’elle n’assume pas chez elle -barbarie, passion, sensualité débridée, est objet de fascination (orientalisme).

Delacroix, La Mort de Sardanapale

XI. Oeuvre cursive : F. PESSOA, Bureau de Tabac, 1905


Ce que nous sommes
Ne peut passer ni dans un mot ni dans united nations livre.
Notre âme infiniment se trouve loin de nous. […]
Nous sommes nos rêves de nous, des lueurs d’âme,
Chacun est pour autrui rêves d’autrui rêvés.

XII. FONCTIONS DE LA POESIE

ANALYSER LA POESIE

C’est Le Diable Qui Tient Les Fils Qui Nous Remuent

Source: http://philofrancais.fr/alchimie-poetique-baudelaire-les-fleurs-du-mal-1857

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