La Grasse Matinée Jacques Prévert Analyse

La Grasse Matinée Jacques Prévert Analyse


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la grasse matinée analyseVoici united nations
commentaire
du poème «La grasse matinée » de
Prévert
publié dans
Paroles
en 1946.


La grasse matinée, Prévert, introduction

Jacques Prévert
publie

Paroles

en
1946, united nations an après la fin de la deuxième guerre mondiale.

Cette époque, marquée par des
restrictions
comme les tickets alimentaires, marque certains poètes pacifistes sensibles au désespoir d’une société qui veut sortir des rudesses de la guerre.

Le recueil
Paroles
regroupe
95 textes
extrêmement variés dans leur forme et leur longueur.

On y retrouve une influence des poètes décadents du début du XXème siècle comme Charles Cros ou Tristan Corbière et du surréalisme.

Questions possibles à l’oral de français sur « La grasse matinée »

♦ Comment s’exprime le
registre tragique
dans « La grasse matinée » ?

Que critique Prévert
à travers ce poème ?
♦ La
musique
dans « La grasse matinée ».
♦ Commentez la
progression
de ce poème.
♦ Quelle
vision de la société
nous donne ici Prévert ?

Plan du commentaire :

Dans « La grasse matinée », Jacques Prévert montre la
tragédie de la pauvreté
(I) cascade
critiquer la société inégalitaire d’après-guerre
(Ii). Nous verrons enfin que le poète transcende la dureté de la vie par
50’écriture poétique
(III).

I – Un poème tragique

A – L’itinéraire d’un homme affamé

« La grasse matinée » trace l’itinéraire d’un homme dans
Paris
comme le montrent les marqueurs spatio-temporels («
à six heures du matin», «derrière ces vitres», «un peu plus loin
») et le
champ lexical de la ville

g magasin », «vitrine», «Potin
» ).

Fifty’homme qui marche dans Paris est affamé.

A une époque encore marquée par les restrictions alimentaires, le
gnaw lexical de la nourriture
souligne qu’il s’agit d’un
problème crucial
dans la société d’après-guerre : «
œuf dur», «Potin», «tête de veau», «sauce», «vinaigre», «se mange», «mâchoire», «pas mangé» , «pâté», «bouteille», «conserve», «poissons morts», «six
[…]
sardines», «café», «croissants chauds», «sardines à manger », «œuf dur », «café crème », «tartines beurrées
».

La situation décrite est d’une ironie tragique : le vagabond affamé erre dans la ville à côté d’une nourriture abondante dont il ne peut se saisir.

Sa faim se transforme en obsession comme le dévoilent les
anaphores

united nations deux trois», «un brouillard de mots», «café-crème
») dévoilent que la faim se transforme en obsession.

L’obsession de la faim est telle qu’elle va jusqu’à des
visions hallucinatoires
avec la transformation de sa tête d’homme en tête de veau : «
Il imagine une autre tête / Une tête de veau par exemple
».

Le
champ lexical de l’imagination

mémoire », «il due north’y pense pas », «songe », «imagine », «intérieur de sa tête
» ) montre les divagations d’un homme tenaillé par la faim.

B – La pauvreté : une tragédie

A travers cette anecdote, Jacques Prévert nous montre que la pauvreté est une tragédie.

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L’adjectif « terrible », généralement associé à la tragédie (qui inspire terreur et pitié), est répété en début et à la fin du poème, plaçant le poème sous le ligne de la tragédie.

Ensuite, la
forme cyclique
du poème montre la faim comme une
fatalité
contre laquelle l’homme affamé ne peut pas lutter.

Ainsi
les 6 premiers et les 6 derniers vers
du poème se font
écho, comme si le poème se refermait sur lui-même. Cette forme cyclique accentue le caractère inéluctable de la faim : la faim ne quitte pas le personnage et il
ne peut s’en libérer.

Prévert joue d’ailleurs avec la sonorité du mot « faim » qui laisse entendre le mot «
fin
», associant ainsi la faim à la mort.

Le
champ lexical du temps

united nations deux trois», «un deux trois», «depuis trois jours», «durer», «ça dure
») rappelle l’écoulement inéluctable du
temps destructeur
comme dans une intrigue tragique.


Ici, la comptabilisation du temps «
un deux trois
 » donne l’impression d’united nations compte à rebours tragique, comme si le temps jouait contre le personnage.


Par ailleurs, la répétition de «
tête
 » et notamment, la « tête couleur de poussière »
fait songer à une tête de mort,
ce qui rappelle les vanités de la Renaissance (peinture dans laquelle apparaît une tête de mort pour rappeler la vanité des passions humaines).

Two – Un poème polémique

A – Une société impitoyable

A travers l’itinéraire tragique de 50’homme affamé, Prévert dresse un tableau satirique de la société parisienne d’après-guerre.

Le
gnaw lexical des magasins

glace», «grand magasin», «vitrine de chez Potin», « ces vitres», «les vitres
 ») rappelle fifty’univers de
Zola, notamment dans
Au bonheur des Dames
(1883) qui décrit fifty’émergence des
grands magasins
sous le 2d-Empire et 50’émergence d’une bourgeoisie capitaliste créant des
inégalités sociales.

Prévert montre que fifty’après-guerre est une
répétition
des
injustices
du Second Empire.

L’histoire se répète
et les pouvoirs publics sont, selon Prévert, incapables de répondre à la pénurie qu’a engendrée la guerre.

Sympathisant des idées socialistes et communistes, Prévert souhaite être united nations Zola poétique dénonçant 50’aliénation des hommes dans united nations
monde capitaliste impitoyable.

Pour dénoncer le capitalisme, Prévert utilize
l’anadiplose
qui consiste à reprendre en début de vers le dernier mot d’une proposition :
«


poissons

morts protégés par des

boîtes
/
boîtes

protégées par les

vitres
/
vitres

protégées par les
flics
/
flics

protégés par la crainte/que de barricades pour half-dozen malheureuses sardines…

».

Ces
anadiploses

dévoilent une
société fermée,
cadenassée
par des barrières.

Les répétitions des termes «

vitre

» et «

vitrine

 » suggère aussi un
univers froid
qui
coupe les hommes
d’une abondance mensongère et illusoire.

Ainsi, Prévert critique la société capitaliste qui crée de l’abondance mais maintient volontairement une partie de la population dans la pénurie.

Le
champ lexical de
l’économie

deux francs», «zéro franc soixante-dix», «deux», «vingt-cinq centimes
», «
pourboire
») montre que les liens entre les hommes sont
régis par l’silvery.

Prévert dénonce cette primauté de l’argent dans les relations sociales.

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La
gradation finale descendante
de «
deux francs
 », à «
zéro franc soixante-dix
 » puis à «
vingt-cinq centimes
 » (5.55 à 59) suggère united nations processus de
paupérisation
des classes populaires après-guerre.

B – Une chronique policière

Pour rendre compte de la violence sociale, Prévert transforme son poème en chronique policière.

À la fin du poème, Prévert reprend  ainsi le
fashion journalistique
en se plaçant
du indicate de vue du criminel: «
et dans l’intérieur de sa tête/un brouillard de mots/un brouillard de mots /sardine à manger /Oeuf dur
café
c
rème.
Café arrosé
rhum/café-c
rème/café-c
rème/café-c
rime arrosé sang !…

».

Fifty’absence d’article
devant les noms désignant la nourriture crée un effet
d’accélération
à l’approche du moment du meurtre.

Les
allitérations en [1000] et [r]
accentue cet effet de
tourbillon irrationnel
et violent qui saisit le personnage jusqu’au moment du law-breaking.

Le point d’assertion au vers 51 «

café-crime arrosé sang !

» accentue la
rapidité
et l’irrationalité du geste meurtrier.

Les
trois points de suspension
au vers 51 et la uppercase «

Un homme

 » au vers 52 montre que Prévert change de séquence à la manière d’united nations
réalisateur de cinéma.

Les précisions sur les circonstances de la mort au v. 52 font alors penser à un
rapport de police :
«
United nations homme
très estimé dans son quartier
/ a été égorgé
en plein jour

»

Tout en rédigeant le rapport de police sur le meurtre, Jacques Prévert laisse transparaitre l’avocat en donnant au meurtre un
motif
et des
circonstances atténuantes : «
quand il remue dans la mémoire de fifty’homme qui a faim
 ».

Il
euphémise
la gravité du meurtre en masquant le meurtrier par
la forme passive
«
United nations homme […] a été égorgé
 ».

Prévert met ainsi en place tout un
système de défense
ou d’explication qui font du meurtre une violence en réponse à une violence sociale.

Dans ce poème, Prévert dénonce la misère et la faim, mais il essaie aussi de la conjurer à travers l’sense of humour et la poésie.

III – Une conjuration de la misère par l’humour et la poésie

A – Une conjuration de la misère par l’humour

« La grasse matinée » de Prévert tente de conjurer la tragédie de la pauvreté par l’humour.

On trouve ainsi de nombreux traits d’sense of humour dans ce poème.

Prévert identify tout d’abord son poème sous le signe de
fifty’ironie
à travers le
titre «La grasse matinée».

L’expression «
grasse matinée
» implique
repos, sérénité, bien-être et
abondance, tout le contraire du personnage qui est réveillé à

« 6 heures du matin »

.

Ensuite, l’homme affamé est animalisé en raison de ses
gestes
lents et répétitifs qui fifty’assimile à un bovin : «
remue
doucement
la mâchoire/doucement/et il grince des dents
doucement/car le
monde
se paye sa tête

».

L’absorption entre la tête du vagabond et la « tête de veau » fait du personnage une
parodie de minotaure
perdu dans une ville-labyrinthe.

Ce personnage est fifty’objet d’un rire savage automobile «
tout le monde se paye sa tête
» . Ce jeu de mot sur le verbe « payer » souligne à la fois la cruauté d’une société régie par l’silvery.

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Prévert est proche de l’sense of humor noir en jouant sur sur le décalage entre les faits (le meurtre) et leurs conséquences dérisoires (l’argent gagné) comme si le monde avait perdu toute mesure ou toute logique. Ce décalage est lisible à travers les
antithèses : «
Il est

terrible
/ce

petit
bruit
», «

l’assassin

le vagabond lui a volé/
Deux
f
rancs/ Soit united nations café arrosé/
zéro

francs soixante-dix/
deux

tartines beurrées

».

Fifty’sense of humour noir
est également présent à travers l’homophonie de certains termes : «
étain », «faim », «un brouillard de mots
 » laisse entendre « éteint », « fin » et « brouillard de maux » comme si le poème étaient en
sourdine travaillé par la mort et la destruction.

B – Une agreeableness de la misère par la poésie

La poésie offre aussi une issue à la misère et à la cruauté du monde.

De prime abord, la versification de ce poème est déstructurée. Jaques Prévert alterne des vers
pairs
(2, 4, 6, 8, 12, 14 syllabes) et des vers
impairs
(three, v, 7, ix, fifteen syllabes).  La succession de vers de longueur différente mime le caractère inégalitaire d’un monde injuste.

Mais derrière ce désordre dans la versification, se cache united nations système de rimes élaboré qui laisse transparaitre une
musicalité : les rimes «
étain
», «faim
», «matin can
», «magasin
», «Potin

» créent united nations effet d’assonance
musical et harmonieux.

Ensuite, des vers se répètent comme «
un brouillard de mots
 » ou «
café-crème
 » qui sonnent comme les
refrains
d’une
chanson.

Par l’alternance de vers pairs et impairs, on retrouve le rythme du
jazz
dont Jacques Prévert était united nations apprentice. Prévert semble vouloir transfigurer le dénuement et la pauvreté en richesse poétique et en chanson.

Prévert reprend aussi les principes de
l’écriture surréaliste
et en particulier de
l’écriture automatique. Le passage
anaphorique
sur le « café » («
café arrosé rhum / café-crème / café-crème / café –crime arrosé sang
 » suggère un jeu où les mots perdent leur sens lexical pour n’être plus
que des sons.

La
paronomase
«
café-crème
 » et «
café-crime
 » montre ce glissement phonique d’un mot à un autre.

On retrouve ici le principe du «cadavre exquis » (jeu dans lequel chaque participant écrit à son tour un mot sans savoir ce que le précédent a écrit ce qui donne des associations verbales inédites) ou même du
collage
comme le faisaient les surréalistes.

La grasse matinée, Prévert, conclusion

Dans « La grasse matinée », Jacques Prévert décrit la misère de la vie et dresse une critique à la fois humoristique et acerbe de la société.

Le mélange des registres et la progression dramatique vers une fin tragique est caractéristique de l’écriture de Prévert et se retrouve par exemple dans united nations autre poème célèbre, «Barbara » .

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La Grasse Matinée Jacques Prévert Analyse

Source: https://commentairecompose.fr/la-grasse-matin%C3%A9e-prevert/

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